MaTCC est une application d’autothérapie basée sur la TCC (thérapie cognitive et comportementale), la méthode qui m’a permis de reprendre la main sur mes TOC. Inscrivez-vous gratuitement : vous recevez tout de suite mon journal d’observation, puis l’application dès son ouverture.
20 ans pour comprendre
J’ai vécu près de 20 ans avec des TOC et des phobies d’impulsion. Pendant longtemps, je ne savais même pas comment appeler ce qui se passait dans ma tête. Je pensais être bizarre, voire dangereux, et surtout seul.
Aujourd’hui, grâce à la TCC (thérapie cognitive et comportementale), j’ai repris la main. Et quand je repense au début, je me dis qu’il y a cinq choses que j’aurais aimé qu’on me dise. Je vous les partage ici, en espérant qu’elles vous fassent gagner du temps.
1. Ce que vous vivez a un nom (et ce n’est pas votre faute)
Le trouble obsessionnel compulsif est un trouble connu, étudié, et fréquent. Des pensées qui reviennent sans arrêt, une angoisse qui monte, des gestes ou des rituels mentaux pour la faire redescendre : ce n’est pas un défaut de caractère ni un manque de volonté.
Mettre le mot « TOC » sur ce que je vivais a été le premier soulagement.
« Je me souviens très bien de ma première séance chez une psychologue. Elle m’a simplement demandé : « Pourquoi êtes-vous ici ? » Alors j’ai parlé de mes rituels, de mes peurs, de mes pensées, sans connaître les bons mots. Elle m’a répondu tout de suite : « Ce que vous décrivez, ce sont des TOC. » Je connaissais le mot, bien sûr, mais pour moi un TOC, c’était quelqu’un qui se lave les mains sans arrêt ou qui aligne ses crayons sur un bureau. Je n’imaginais pas qu’un TOC pouvait être invisible, se jouer uniquement dans la tête. Et pourtant, c’était exactement ce que je vivais au quotidien. »
2. Vous n’êtes pas vos pensées
Tout le monde a des pensées intrusives. La différence, avec un TOC, c’est qu’on leur accorde une importance énorme. On se dit : « Si j’y pense, c’est que ça veut dire quelque chose. »
Une pensée n’est pas une intention, ni un aveu, ni une prédiction.
C’est ce que j’aurais aimé savoir. Souvent, une pensée fait peur justement parce qu’elle va contre ce qui compte pour vous.
3. Se faire rassurer soulage… et entretient le TOC
Demander « Tu es sûr ? », vérifier, chercher sur internet, refaire le geste : sur le moment, ça apaise. Mais le cerveau retient la leçon : « Il y avait un danger, et c’est le rituel qui m’a sauvé. » La fois suivante, le doute revient plus fort.
C’est la boucle du TOC :
Pensée → angoisse → compulsion → soulagement → pensée qui revient.
Pendant des années, j’ai nourri cette boucle sans le savoir. Je l’explique plus en détail dans le cercle vicieux du TOC.
4. Éviter rétrécit la vie
Éviter une situation, un objet, une personne : c’est la solution la plus simple à court terme. Mais chaque évitement confirme au cerveau que la situation était dangereuse. Petit à petit, la liste des choses « impossibles » s’allonge.
Ce qui m’a aidé, c’est l’inverse : revenir vers ce que j’évitais, pas à pas, à un rythme supportable. C’est le principe de l’exposition avec prévention de la réponse (ERP), au cœur de la TCC.
5. Ça se soigne, et demander de l’aide n’est pas un échec
La TCC avec exposition est aujourd’hui le traitement de référence des TOC. Un professionnel formé connaît ces pensées, même celles qui font le plus honte. Il ne vous jugera pas.
Si je pouvais revenir en arrière, je consulterais beaucoup plus tôt.
« Pendant deux ans, je me suis répété que « ça allait passer », alors que mes rituels prenaient chaque jour un peu plus de place. Et surtout, il y avait la honte : la honte de mes pensées, de mes gestes, de ne pas me sentir « normal ». Même quand j’ai fini par consulter, j’ai choisi une femme sur un annuaire en ligne, simplement parce que j’éprouvais moins de gêne à me confier à elle. Je ne savais pas non plus ce qu’était la TCC, ni la différence entre un psychologue, un psychiatre et un psychothérapeute. Il m’a fallu près de quinze ans pour trouver le bon professionnel et la bonne approche. »
Ce qu’il faut retenir
Si vous êtes au début de votre parcours, retenez ceci : vous n’êtes ni fou, ni seul, et ça peut aller mieux. On ne gagne pas contre le TOC en se battant contre ses pensées, mais en changeant sa façon d’y répondre.
Et vous, qu’est-ce que vous auriez aimé savoir au début ? Venez en parler dans le groupe Facebook « Lutter contre les TOC ».
En cas de détresse ou d’idées suicidaires, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide : gratuit, 24 h/24 et 7 j/7.
Pour aller plus loin
Je raconte mon parcours et la méthode qui m’a aidé dans mon livre « Dans ma tête ».
Pour commencer à observer vos TOC, recevez gratuitement mon journal d’observation, le premier outil de mon livre, puis des conseils concrets par e-mail : je reçois le journal gratuit.
Et pour sortir de la boucle pas à pas, avec les outils de la TCC qui m’ont aidé, recevez gratuitement MaTCC, mon application d’autothérapie.
Si vous avez besoin d’en parler avec quelqu’un qui est passé par là, je propose des échanges individuels, en complément d’un suivi professionnel.